Plan 2008-2013 (ou PMT5)

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Le plan de prévention 2008-2013, également appelé Plan à Moyen Terme n° 5 (PMT5) de l’Agence sanitaire et sociale n’a pas d’actions directes de terrain.

Ces dernières sont menées par les directions sanitaires et sociales de chaque province, les associations partenaires comme Solidarité SIDA-NC, Comité de promotion de la santé sexuelle (CP2S), Homo-Sphère, Femmes et violences conjugales, les leaders et membres de la société civile, les 87 professionnels de santé agréés CDAG et tous les professionnels de santé concernés par cette problématique ….

Le rôle de l’ASSNC consiste à :

  • Coordonner tous les partenaires en lien avec le programme
  • Soutenir techniquement et financièrement les acteurs de terrain à travers les formations, conseils et financement des associations dans le respect des méthodologies et procédures de santé publique
  • Centraliser et partager des informations et des expériences entre tous les partenaires du programme
  • Etre force de proposition de projets après diagnostic de situation
  • Garantir une harmonisation des actions en fonction du PMT5 entre tous les acteurs
  • Évaluer les besoins, les activités menées, le PMT5, ses résultats, son efficacité

Cette coordination se fait à travers des réunions thématiques, des comités techniques ainsi que des soirées de restitution des évaluations et études menées dans ce cadre.

Comme précisé auparavant les actions suivantes sont coordonnées par l’ASS-NC et menées sur le terrain par tous les partenaires sans qui rien ne serait possible :

  • Communication : JMS, émissions radios, campagne contre les discriminations, mise en place de la semaine santé sexuelle
  • Intervention en milieu scolaire : une réflexion est entamée avec certaines partenaires pour optimiser les interventions déjà existantes en améliorant notre offre et en renforçant le partenariat avec la direction de l’enseignement
  • Actions de proximité : lieux écoutes et actions auprès des populations dans les squats, maisons de quartier, centres de formations, entreprises…. et surtout développement des actions en partenariat avec les églises de la Nouvelle-Calédonie
  • Organisation de formation continue des partenaires comme le certificat européen d’éducation et promotion de la santé, les sessions d’agrément et réagrément de CDAG, l’approche syndromique des IST
  • Réseau distribution de préservatifs : amélioration de la couverture géographique de vente de Caillou Kaoutchou (256 lieux de vente, 17 322 boites de 12 soit 207 864 préservatifs, 100 distributeurs) et poursuite de la distribution gratuite soit environ 460 000 préservatifs masculins et 9 000 préservatifs féminins
  • CDAG : sur les 87 agréés/55 médecins et sages-femmes sont actifs avec en moyenne 2 000 dépistages réalisés par an. Une réflexion autour du test rapide du VIH est en cours. La mise en place du dépistage et traitement immédiat des IST est une des priorités du programme

Les chiffres concernant les IST sont très élevés en NC :

Selon l'enquête de prévalence des IST réalisée en population générale par l'AS-NC en 2012, 9% des 18-59 ans sont porteurs d'une chlamydia. Cette IST touche plus particulièrement les jeunes de 18-25 ans puisque 20% d'entre eux sont concernés. 3,5% de la population générale est touchée par le gonocoque et le risque d'en être porteur est 8 fois plus important chez les 18-33 ans. La syphilis concerne 3% de la population générale et le risque est 2,5 fois plus élevé pour les 18-25 ans.

Plus de données : résultats de l'enquête de prévalence des IST.


Pour répondre à ce problème de santé publique majeur, le Plan 2008-2013 de prévention des IST/VIH/SIDA comprend un axe prioritaire spécifique sur la prévention et la prise en charge les IST. De façon à lutter efficacement contre les IST, il est essentiel que l’ensemble des professionnels de santé se mobilise.

Prise en charge des IST recommandations 2013Pour se faire un ouvrage de recommandations pour la prise en charge des IST curables, inspirées des recommandations métropolitaines et internationales, et adaptées à la NC par un groupe d’experts, est édité en 2013.

Pratico-pratiques, ces recommandations développent l’approche syndromique. Il s’agit d’un outil rapide dont l’efficacité a été démontrée dans de nombreux pays.

C’est un concept élaboré par l’OMS qui permet de repérer, prendre en charge, traiter et répertorier les cas d’IST de façon globale, simple, rapide et efficace, au moyen d’algorithmes de diagnostic et de traitement.

Elle facilite la prise en charge des IST et permet de faire baisser rapidement le réservoir d’agents infectieux sexuellement transmissibles, particulièrement le GONOCOQUE et le CHLAMYDIA en NC.

Cette approche ne se veut pas être un dogme mais plutôt un outil efficace et simple pour rendre la lutte contre les IST plus efficace. Elle est basée sur une recherche active de signes et sur un traitement immédiat de la personne consultée ainsi que de son ou ses partenaires.

Elle complète les approches plus traditionnelles de traitements effectués à la suite de dépistage ou de plaintes spécifiques des patients. 

Du programme de prévention des IST/VIH/SIDA vers celui de la promotion de la santé sexuelle…

Dès 1991, les acteurs de prévention se sont engagés dans la prévention et la lutte du VIH/SIDA à travers 4 plans à moyen terme appelés PMT. Ce fort engagement des acteurs institutionnels et associatifs ainsi que des professionnels de santé libéraux ont contribué à ce que la Nouvelle-Calédonie ne connaisse pas une flambée de l’épidémie du VIH/SIDA.

Ainsi, historiquement, l’ensemble des actions menées dans le cadre de la prévention étaient essentiellement orientées vers la lutte contre le VIH/SIDA. En Nouvelle-Calédonie, entre 1986 et 2012, 382 personnes vivant avec le VIH ont été enregistrées à la DASSNC. 15 nouveaux cas sont dépistés en moyenne par an. Fin mars 2012, 177 séropositives étaient suivies médicalement dont 116 étaient sous traitement.

Si les chiffres du VIH/SIDA sont stables, ceux des IST sont alarmants (voir l’article précédent). Ainsi le plan multisectoriel à moyen terme 2008-2013 a intégré en plus de la prévention et la lutte contre le VIH/SIDA, la prévention et le contrôle des IST.

Cependant jusqu’en avril 2010, les actions restaient plutôt orientées vers la prévention du VIH/SIDA bien que tenant compte d’une dimension plus globale à savoir la promotion d’une sexualité épanouie.

C’est l’atelier d’avril 2010, avec un grand nombre de partenaires investis dans la prévention des IST/VIH/SIDA, qui a réellement marqué le « virage des IST » avec les deux priorités suivantes à savoir :

  • Faire en sorte que toutes les actions mises en œuvre participent à la prévention des IST sans oublier le VIH/SIDA qui est considérée comme l’IST la plus grave. Les résultats de l’enquête de prévalence des IST menée en 2012, nous permettront de dimensionner ces nouvelles actions et de mesurer l’efficacité de nos projets dans les prochaines années
  • Développer les actions de proximité qui était jusqu’à présent le parent pauvre de ce programme. Ainsi l’ASSNC a été mandatée par tous les partenaires pour opérer ce rapprochement avec les leaders communautaires, religieux et associatifs autres que ceux avec lesquels nous travaillons déjà. Un travail de fond est en cours et apporte au programme une nouvelle dimension

Cependant et malgré les efforts de prévention, il est nécessaire de constater que les calédoniens adoptent toujours des comportements à risque. Alors pourquoi ? Une des pistes sur laquelle il nous faut travailler porte sur les causes qui amènent à adopter un comportement à risque tout en prenant en compte les conséquences que sont les IST et/ou la violence et/ou la consommation abusive d’alcool/de drogues.

Il semble donc qu’un travail étroit avec les programmes de prévention des conduites addictives et des violences soient également une clé de réussite de nos actions.

Cette vision transversale est portée internationalement par la notion de la santé sexuelle. Selon l’OMS, « la santé sexuelle fait partie intégrante de la santé, du bien-être et de la qualité de vie dans leur ensemble. C’est un état de bien-être physique, émotionnel, mental et social en relation avec la sexualité, et non pas simplement l’absence de maladies, de dysfonctionnements ou d’infirmités.

La santé sexuelle requiert une approche positive et respectueuse de la sexualité et des relations sexuelles, ainsi que la possibilité d’avoir des expériences sexuelles agréables et sûres, sans contrainte, discrimination et violence. Pour atteindre et maintenir un bon état de santé sexuelle, les droits sexuels de tous les individus doivent être respectés et protégés. »

Le programme de prévention des IST/VIH/SIDA tend donc pour les prochaines années vers la promotion de la santé sexuelle.


Evaluation à mi-parcours du PMT5

Suite à l'évaluation à mi-parcours du Plan à Moyen Terme N°5 de prévention du VIH SIDA et des IST menée en août 2010 par le Dr. Joël LADNER, un atelier PMT5 a été organisé par l'ASS-NC afin de décider des nouvelles orientations du PMT5 pour la période 2011-2013.

Selon le rapport d'évaluation final de Mr Joël LADNER, la prévention et la lutte contre les IST est une activité prioritaire pour la seconde période du PMT5 (2011-2013). L'axe majeur de cet atelier était donc d'acter cette priorité afin d'accélérer la prévention et la lutte contre les IST  pour cette période.

Ainsi, l'agence sanitaire et sociale a fait le choix stratégique de ne traiter que les sujets en lien aux IST. Il reste donc à convenir d'une date durant le 3ème trimestre 2011, pour faire le bilan et prioriser les actions des autres axes stratégiques :

- La prise en charge des PVVIH
- Le dispositif CDAG

L'axe stratégique « prévention de la transmission du VIH/SIDA »
- Domaine prioritaire « Prévention de la transmission sexuelle »
- Objectif spécifique « Vérifier l'adéquation de diagnostic biologique de l'infection à VIH avec les process qualité définis par l'AFSSAPS – HAS », « Améliorer la sécurité transfusionnelle », Renforcer l'hygiène et la prévention VIH relatives à la transmission sanguine occasionnée par les pratiques invasives et dans les établissements de soins » et « Réduire la transmission mère-enfant du VIH » ne feront pas l'objet d'un atelier mais d'une vérification par le coordinateur d'ici la fin du PMT5.

Suite aux conclusions de l'atelier PMT5 du 8 avril 2011, l'agence sanitaire et sociale présente cette feuille de route 2011-2013 qui fixe les activités à mettre en œuvre pour les 2 années à venir. Cette feuille de route a été élaborée à partir :

- Des activités mises en place sur la période 2008-2010
- De l'évaluation continue de ces activités
- De l'évaluation à mi-parcours du PMT5 réalisée en septembre 2010
- Des décisions retenues lors de l'atelier PMT5 du 8 avril 2011

PMT5 :  évaluation mi-parcours 2010 icon  (414.63 KB) 


Recommandations :

1 - Accélérer la prévention et la lutte contre les IST : c'est la priorité N°1 du PMT 5 à mi-parcours
2 - Accélérer l'éducation à la santé sexuelle au-delà du milieu scolaire, vers les communautés et les groupes à risque
3 - Poursuivre la politique d'offre de dépistage du VIH
4 - Renforcer la collaboration avec la médecine libérale
5 - Offrir une perspective à la CQV
6 - Renforcer la mutualisation des actions d'éducation au sein de l'ASSNC
7 - Mettre en en oeuvre une enquête de prévalence du VIH sur le territoire de la NC en 2011
8 - Développer la méthodologie de l'évaluation et inciter à une évaluation systématique de toutes les interventions
9 - Intensifier le recours au préservatif dans certaines populations vulnérables
10 - Conduire une étude épidémiologique sur la satisfaction de la prise en charge et les besoins des PVVIH
11 - Développer les études épidémiologiques sur de grandes populations
12 - Donner une meilleure visibilité au PMT 5.

 
Conclusion : 

Il apparaît une bonne appropriation du PMT 5 par l'ASSNC ainsi que le rôle moteur et reconnu de la coordination. Les volets prise en charge médicale des PVVIH et la prévention de la sécurité transfusionnelle et de la transmission verticale du VIH répondent totalement aux recommandations et aux derniers référentiels internationaux et à ceux de métropole.

Le premier challenge immédiat pour l'ASSNC est de définir, puis de mettre en oeuvre la politique de prévention et de lutte contre les IST d'ici la fin du PMT 5. La poursuite de cette politique sera un des volets phares du PMT 6. La définition de cette politique et sa mise en oeuvre sont devenus une priorité au sein du PMT 5.

Un des enjeux aussi est d'anticiper dès maintenant le changement de paradigme dans la prévention du VIH. Jusqu'à présent, la stratégie de dépistage reposait sur la promotion de la démarche volontaire individuelle et sur le dépistage ciblé de populations à risque.

Vu les bénéfices thérapeutiques d'un traitement précoce et la réduction du risque de transmission du VIH, les bénéfices individuels et collectifs, chaque personne dans la population générale doit pouvoir connaître son statut sérologique. Le rôle majeur du médecin traitant est d'encourager et de faciliter le recours volontaire et individuel au dépistage.


Atelier du 8 avril 2011

Objectif de l'atelier :

L'objectif général de l'atelier était de valider le virage IST pour la seconde période du PMT5 2011-2013

Les objectifs spécifiques de la première partie de l'atelier, la prévention primaire des IST et du VIH étaient :

- de présenter un bilan des activités réalisées
- de prioriser les activités restantes
- d'adapter les activités aux IST

Pour chacun des thèmes de prévention primaire suivants :

1. Communication grand public
2. Actions de proximité
3. Formations
4. Préservatif

Les objectifs spécifiques de la seconde partie de l'atelier, la prise en charge des IST étaient :

- Pour les cas symptomatiques, de valider la recommandation du PMT5 d'utiliser l'approche syndromique.
- Pour les cas asymptomatiques, d'analyser la possibilité de prélèvement en CDAG lors d'une prise de risque sexuel avérée.

Les participants :

AOUCHAR Erick, Adjoint SPIP, Administration pénitentiaire
BALOCHE Nadège, Educatrice pour la santé, DPASS SUD
BRILLET Carine, Directrice, Solidarité SIDA-NC
BOURSICOT Gwendal, Coordinatrice PMT5, ASSNC
CHEVALIER Angelina, Médecin addictologue, ASSNC
DE FREMICOURT Isabelle, Médecin de prévention, DACAS Îles
DIRHEIMER Julie, Coordinatrice PMT5, ASSNC
DOMINGUE Pascale, Chef SASP, DASSPS NORD
D’ORTENZIO Eric, Médecin Epidémiologiste, IPNC
DROETTO Françoise, Chef de service, ESPAS CMP
DUPRA Natahalie, Sage-femme libérale, Conseil de l’ordre des sages-femmes
EONO Philippe, Sous Directeur, DPASS SUD
GOURINAT Anne-Claire, Biologiste, IPNC
HECQ Nathalie, Intervenante en éducation pour la santé, ASSNC - PPSA
JORDA Michel, Co-président, CP2S
LACASSIN Flore, Médecin, CHT
LEFEVRE Thierry, Chef de service, SPPS DPASS SUD
LEHMANN Catherine, Médecin, ESPAS-CMP DPASS SUD
LE MARTHELOT Anne, Sage-femme, Conseil de l’ordre des sages-femmes
LEQUES Brigitte, Chef de service, CCF DPASS SUD
MARAIS Patricia, Médecin, Conseil de l’ordre des médecins
MASOTTA Frédérique, Secrétaire, Solidarité SIDA-NC
MATTHIEU Sandrine, Assistante sociale, CCF DPASS SUD
MATHEVON Agnès, Responsable opérationnelle, Homo-Sphère
MONCHOTTE Isabelle, Médecin, CMS Paita – DPASS SUD
NICOLINI Virginie, Permanente, Solidarité SIDA-NC
NOEL Martine, Médecin, DASS NC
PROUCHANDY Marie, Directrice, CP2S
ROUCHON Bernard, Directeur, ASSNC
SOLIA Dominique, Présidente, Solidarité SIDA-NC
VALLET Izane, Permanente, CP2S
WAMYTAN Thérèse, Infirmière coordinatrice, Vice-Rectorat



Conclusions de l'atelier :

Les axes prioritaires :

1) Prévenir et prendre en charge les IST : il s'agira de mener les enquêtes et études pour apporter des informations plus précises sur les IST, pour créer des campagnes de communication autour des IST et la santé sexuelle, introduire la notion d'IST dans les actions de proximité déjà existantes et à venir, mettre en place de nouvelles formations ayant pour thème les IST et la santé sexuelle, poursuivre la promotion du préservatif en particulier le préservatif masculin, faire la promotion de l'approche syndromique des IST auprès de tous les professionnels de santé (présentation d'un guide territorial de l'approche syndromique des IST et formations spécifiques sur ce sujet).

2) Elargir le champ des partenaires du PMT5 en associant tous les acteurs directement ou indirectement concernés par le thème de la santé sexuelle et pouvant œuvrer à son amélioration. Mettre l'accent sur les leaders communautaires, associatifs et religieux ou encore les personnels d'encadrement des publics spécifiques (animateurs, éducateurs...) pour créer un environnement favorable à la mise en place d'actions de sensibilisation efficaces.

Quelques photos :

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Evaluation finale du PMT5

Evaluation formative finale du plan multisectoriel de prévention du VIH/SIDA/IST de la Nouvelle-Calédonie (PMT5), réalisée par le docteur Nadine Sannino de la société Efect : icon  (487.61 KB)

 

 

Rapport d'activité 2013 de l'ASS-NC, chapitre IST VIH SIDA : icon  (743.39 KB)