Dépistage et prise en charge des patients en surcharge pondérale

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La surcharge pondérale est un problème majeur de santé publique en NC.

Le baromètre santé 2010 fait apparaitre 54% de la population adulte en surcharge pondérale (IMC>25), dont 28% obèses (IMC>30). La situation est préoccupante pour les enfants, avec 32% des enfants en surcharge à 6 ans (dont 11% obèses) et 42% en surcharge à 12 ans (dont 20% obèses) selon les données de l'étude de la santé orale des enfants en Nouvelle-Calédonie (2013).

Dans ce contexte d'obésité croissante, le rôle du professionnel de santé est primordial dans le dépistage, la prise en charge des personnes en surpoids ou obèses, mais aussi dans la présentation d'une information claire et pratique à l'ensemble des patients.

Proposé au titre du programme de prévention primaire des pathologies de surcharge coordonné par l'Agence Sanitaire et Sociale de la NC, le kit pour le dépistage et la prise en charge des patients en surcharge pondérale présente des pistes pour uniformiser le dépistage et le suivi des patients en surcharge pondérale. Il propose quelques repères en matière d'équilibre alimentaire afin de mieux répondre aux besoins et aux questions des patients. La prise de poids étant un processus multifactoriel, une prise en charge pluri-disciplinaire pourra être nécessaire et c'est pourquoi quelques contacts de partenaires de santé sont également disponibles.

Le kit comprend :

  • un mètre ruban
  • des disques de calcul de l'IMC (enfant et adulte)
  • des fiches conseils

fiches conseils sont actuellement proposées :

  • IMC de l'enfant
  • IMC et périmètre abdominal de l'adulte
  • Adhésion du patient
  • Manger mieux, bouger 30 min par jour
  • Partenaires de santé

Le kit est disponible à l'ASS-NC, au programme de prévention primaire des pathologies de surcharge (PPS) :  Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. tél 25 07 72.

Le suivi des enfants est une priorité.

Les études épidémiologiques s’accordent pour conclure que l’obésité dans l’enfance est associée à une augmentation du risque de morbidité (troubles orthopédiques, endocriniens, diabète de type 2…) et de mortalité prématurée à l’âge adulte, en raison notamment de l’accroissement de la mortalité d’origine cardiovasculaire.

L’Indice de Masse Corporelle (IMC) est le meilleur critère diagnostique et pronostique de l’obésité chez l’enfant.

IMC = poids (kg) / taille2 (m)

Les courbes de référence de l’IMC, pour chaque sexe et en fonction de l’âge, permettent de suivre l’évolution de la corpulence au cours de la croissance. Elles se trouvent dans le carnet de santé de chaque enfant né en Nouvelle-Calédonie depuis 2005 et sont disponibles au téléchargement sur le site www.ass.nc.

Le calcul de l’IMC et les courbes de corpulence Rolland-Cachera sont des outils conçus pour permettre d’intégrer le suivi de la corpulence de l’enfant dans les gestes courants de chaque consultation. Un disque d’évaluation de l’IMC des enfants est joint à cette fiche.

imc enfant courbe hommes2

imc enfant courbe filles3

 

Courbes de corpulence icon à télécharger (223.08 KB).

 

Le rebond d’adiposité : un marqueur prédictif du risque d’obésité.

Le rebond d’adiposité est l’âge auquel la courbe d’IMC commence à remonter, ce qui survient physiologiquement vers l’âge de 6 ans.

L’âge de survenue du rebond d’adiposité est utilisé comme marqueur prédictif du risque d’obésité. Plus le rebond est précoce (avant 6 ans), plus le risque de devenir obèse est élevé.

Il s’agit d’un véritable signal d’alarme qu’il faut savoir repérer pour agir, car il précède de plusieurs mois l’impression visuelle d’un enfant en excès de poids.

C’est l’une des raisons pour lesquelles le suivi de corpulence de chaque enfant est indispensable. Cela permet de dépister les enfants à risque le plus précocement possible pour qu’ils puissent bénéficier de mesures préventives dans leur milieu familial.

Le médecin généraliste joue un rôle central dans l’approche pluridisciplinaire de l’obésité infantile.

Pour les enfants, l’objectif n’est pas l’amaigrissement, mais une diminution de la prise de poids parce que la croissance en taille se poursuit (et donc l’IMC diminue).

Quelques repères

  • L’existence d’une obésité parentale est un facteur de risque d’obésité infantile.
  • Plus le rebond d’adiposité est précoce (avant 6 ans), plus le risque de devenir obèse est élevé.
  • Tout changement de « couloir » de l’IMC vers le haut est un signe d’alerte.

Le calcul de l’Indice de Masse Corporelle (IMC) et la mesure du périmètre abdominal : deux gestes intégrés dans l’examen clinique de tous les patients adultes.

L'IMC

L’IMC est l’élément de base de l’évaluation du statut nutritionnel des patients. Il permet de reconnaître la dénutrition comme l’obésité. Son calcul fait partie de l’évaluation de l’état de santé au même titre que la prise de la pression artérielle.

IMC = poids (kg) / taille2 (m)

Le disque joint, destiné à calculer l’IMC des adultes, permet de calculer rapidement l’IMC de chaque patient. Pour les patients de moins de 18 ans, utilisez le disque et les courbes spécifiques « enfants » (cf. fiche 1).

Statut pondéral:

imc adulte tableau

Interprétation des résultats :

Un IMC « hors normes » est toujours un signal d’alerte. Il est nécessaire de tenir compte de l’évolution de l’IMC dans le temps : il convient donc de répéter les mesures à chaque examen clinique.

Un décalage vers le haut de 2 points des seuils d’IMC peut être toléré pour les polynésiens. En Nouvelle-Calédonie, le dispositif de prise en charge de l’obésité varie en fonction des grades.

Le périmètre abdominal

L’obésité abdominale est définie par un périmètre abdominal :
> 88 cm chez la femme.
> 102 cm chez l’homme.

Le périmètre abdominal se mesure :

  • patient debout et en expiration douce,
  • à mi-distance entre la dernière côte flottante et la partie supérieure de la crête iliaque.

L’obésité abdominale est un facteur aggravant de tous les facteurs de risque cardio-vasculaires.

imc adulte ceinture abdos

imc adulte imc

Le patient peut se sentir jugé ou bien craindre une réaction trop dogmatique du médecin. Il est donc important :

  • de veiller à ne pas utiliser le disque et le mètre comme une fin en soi (un chiffre = un verdict),
  • d’utiliser ces éléments pour amorcer le dialogue avec le patient en veillant à ne pas le culpabiliser, le choquer ou le stigmatiser, afin de repérer les problèmes auxquels son statut nutritionnel peut être lié.

Que faire ensuite ?

  • Dans la plupart des cas : un conseil bref pour provoquer un changement chez le patient qui y est prêt, en respectant son rythme (cf. fiche n°3 : l’adhésion des patients).
  • Pour les patients obèses mettre en place une prise en charge globale (traitement des complications, prise en compte des dimensions psychologiques et sociales).

Lorsque l’évaluation du statut nutritionnel d’un patient révèle une obésité, dans la plupart des cas, un conseil bref peut provoquer un changement chez le patient qui y est prêt.

« Pensez-vous avoir besoin de maigrir ? Etes-vous prêt à manger et bouger autrement ?»

Pour aller plus loin: Les 5 étapes de l’intervention brève :

1.EVALUER

  • Evaluer les connaissances du patient, ses motivations, faire le point des expériences antérieures.
  • Evaluer les facteurs favorisant la perte de poids de ce patient.
  • Evaluer les facteurs bloquant la perte de poids, qu’il sera nécessaire de régler au préalable à la prise en charge.
  • Le patient doit pouvoir mettre des mots sur le bénéfice qu’il attend d’un amaigrissement.

2.INFORMER ET CONSEILLER

  • Restituer les informations utiles au patient en fonction de sa motivation.
  • Permettre au patient de découvrir des choix nouveaux.
  • Donner au patient des conseils clairs et spécifiques en les reliant à ses préoccupations et en fonction de ses connaissances.

3.S’ENTENDRE SUR UN OBJECTIF RÉALISABLE
  • Aider le patient à déceler ses contradictions.
  • Chercher plusieurs possibilités avec le patient.
  • Laisser le patient trouver un objectif réalisable, correspondant à ce qu’il VEUT FAIRE et PEUT FAIRE, dans quel délai, avec quel soutien (le soutien de la famille est un facteur de réussite du changement de comportement alimentaire).

4.AIDER

  • Demander au patient de préciser très concrètement comment il compte s’y prendre pour atteindre l’objectif fixé ensemble.
  • Renforcer le sentiment d’efficacité personnelle.
  • Identifier les situations à risque et demander au patient de trouver des stratégies d’évitement.
  • Aider le patient à identifer ses personnes ressources.

5.ORGANISER

  • Reformuler les objectifs et les moyens définis par le patient pour réduire la sédentarité et diminuer les apports caloriques.
  • Proposer une ré-évaluation lors d’une autre consultation.
  • Ces 5 étapes ne sont pas forcément faites le même jour, ni par la même personne (intérêt de la pluridisciplinarité).

    « Chaque petit pas peut être un pas de géant pour celui qui le fait. »

    Conseils à donner au patient pour manger mieux…

    bouger 30mins conseils

    Limiter les produits gras, sucrés et salés

    Attention au sel, même sans hypertension avérée ; ne pas re-saler, réduire le sel dans les eaux de cuisson, et limiter l’utilisation de sel caché (sauce de soja, arôme maggi, charcuterie,...).

    Il faut limiter les graisses ajoutées (1 cuillère à soupe d’huile pour une personne par repas), les graisses visibles (peau des volailles, gras des conserves de viande…) et apprendre à identifier les graisses cachées (charcuterie, viennoiserie, biscuits apéritifs…).

    La consommation d’aliments contenant du sucre ajouté doit être occasionnelle (boissons au gout sucré, confiseries, biscuits, glaces…).

    Ne pas grignoter

    Il suffit souvent d’abandonner les en-cas (sucreries, gâteaux, chips, biscuits, apéritifs, ...) pour obtenir les premiers résultats.

    De l’eau à volonté

    Eviter l’alcool, les sodas et sirops ; attention aux jus de fruit qui contiennent autant d’énergie que les sodas ; les sodas « light» peuvent occasionnellement être consommés à la place des sodas classiques.

    Et bouger plus : au moins 30 min par jour !

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    kit depistage surpoids fiche5 2

    Quelques contacts

    Santé publique

    ASS-NC (Agence Sanitaire et Sociale de la NC), Programme de prévention primaire des pathologies de surcharge :
    Tel: 25 07 72
    mail: a href="mailto: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. "> Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

    DACAS : Direction de l’Action Communautaire et de l’Action Sanitaire de la province des Iles Loyauté :
    Tel: 45 52 22
    Mail: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

    DASS PS : Direction des Affaires Sanitaires et Sociales et des Problèmes de Société, service des actions sanitaires et de la prévention :
    Tel:47 72 30
    Mail: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

    DPASS : Direction provinciale de l’action sanitaire et sociale, Service de prévention et de promotion de la santé :
    Tel:24 25 98
    Mail: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

    SMIT (Service Médical Interentreprises du Travail) :
    Tel: 35 23 52
    Mail: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

    Psychologie

    Collège des psychologues de NC :
    Tel: 96 95 17

    CASADO : Centre d’accueil et de soins pour adolescents :
    Tel: 25 52 33
    Mail: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

    Centre médico-psychologique Galliéni (CMP) :
    Tel: 27 52 56
    Mail: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

    Antenne Médico-Psychologique de Poindimié :
    Tel: 42 60 34
    Mail: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

    Antenne Médico-Psychologique de Koumac :
    Tel: 42 76 56
    Mail: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

    Antenne Médico-Psychologique de Lifou :
    Tel: 45 06 53
    Mail: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

    Activité physique

    Syndicat des Masseurs Kinésithérapeutes de NC :
    Tel: 28 81 84

    Education :

    Vice rectorat, Cellule vie scolaire :
    Tel: 26 62 56
    Mail: Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir.

    Centre médico-scolaire de Nouméa :
    Tel: 27 33 60

    Diététicien(ne)

    ASCADIET :
    Tel: 79 43 69

    Diététiciennes itinérantes de l’ASS-NC (consultations en dispensaires) :
    • Province Sud et Iles : Tel: 85 36 36
    • Province Nord Côte Ouest : Tel: 74 16 80
    • Province Nord côte Est : Tel: 74 77 68

    Médecin spécialiste

    Référent obésité unité médicale ambulatoire de Gaston Bourret :
    Tel: 25 67 31

    Centre médical du col de la Pirogue :
    Tel: 35 20 75

    Endocrinologue, diabétologue, Métabolisme et Nutrition :
    • 2 cabinets libéraux : Tel: 24 94 30, Tel: 28 36 18
    • CHT : Tel: 25 72 47