Un article des Nouvelles calédoniennes du 15 septembre 2010
Une angine peu ou pas soignée peut être à l’origine de cette maladie qui touche les enfants. 2 000 écoliers doivent encore être examinés d’ici le 26 novembre. Aucune classe de CM1 du territoire ne doit échapper au filet du dépistage du RAA. L’Agence sanitaire et sociale a déployé ses équipes sur le terrain depuis le mois d’avril et déjà examiné plus de 3 000 écoliers.
« Depuis 2007, nous passons dans chaque école avec un appareil d’échographie pour détecter les anomalies cardiaques chez les enfants. Si nous décelons quelque chose, nous envoyons ensuite les enfants chez le cardiologue pour un examen approfondi qui confirmera ou pas le RAA », explique Agnès Germain, infirmière référente du programme rhumatisme articulaire aigu à l’Agence sanitaire et sociale.
Sous les trois lettres RAA se cache une maladie qui peut naître d’une « simple » infection bactérienne à streptocoques, comme une angine par exemple. « Lorsque cette angine est peu ou pas soignée, l’enfant va développer une réponse immunitaire contre les microbes mais qui peut mal se faire et attaquer aussi ses articulations (coudes, genoux, poignets, chevilles) et son cœur », détaille Agnès Germain.
Sans traitement, chaque nouvelle crise de RAA peut détruire davantage le cœur. La maladie se traduit en général par de la fièvre, des douleurs aux articulations et de la fatigue.
Mais « certains enfants ne se plaignent pas » ou sont « atteints sans en développer les signes ».
D’où l’intérêt d’un dépistage systématique dans les classes de CM1.
Les risques de RAA courent de 5 à 25 ans, avec un pic entre 9 et 10 ans.
Sur les 4 535 élèves de CM1 dépistés par l’Agence sanitaire et sociale en 2009, 473 avaient été convoqués pour un deuxième rendez-vous chez le cardiologue. 395 s’y étaient rendus, et 30 d’entre eux étaient bien atteints du RAA.
A ceux-là, il faut ajouter 28 patients qui ont été détectés en dehors du dépistage scolaire de l’Agence sanitaire et sociale.
Cela touche principalement les Océaniens.
La plupart des écoliers présentaient des atteintes minimes qui se soignent par des injections régulières d’antibiotiques. « C’est une maladie prise en charge à 100 %, insiste Agnès Germain. Notre but, c’est d’éviter que la complication s’aggrave. Si un enfant ne suit pas bien son traitement, son état risque d’empirer et de le conduire vers l’opération avec la pose d’une valve cardiaque en plastique. » 1 900 patients sont atteints de rhumatisme articulaire aigu en Nouvelle-Calédonie, selon l’Agence sanitaire et sociale. La maladie a été déclarée problème de santé publique en 1994.
Le pays comme ses voisins de la zone Pacifique affiche une forte prévalence, c’est-à-dire un taux important de cas sur les communes dépistées. « Cela touche principalement les Océaniens, indique Agnès Germain. Les populations de Fidji, les aborigènes du nord de l’Australie sont ainsi plus atteints que d’autres populations. Nous n’avons pas encore d’explications là-dessus. Mais nous collaborons avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande pour essayer de pousser des études. »
Sur le territoire, l’Agence sanitaire et sociale recense tous les cas de RAA connus, suit les traitements prodigués et rassemble les données nécessaires à une meilleure connaissance et une meilleure information des familles sur cette maladie.
Un film est d’ailleurs en préparation pour une diffusion prévue en 2011.
Retour à Campagne dépistage 2010

