Comment soigner la dépendance à l´alcool?
L'abstinence
En cas d'alcoolo dépendance, l'objectif n'est plus la réduction de la consommation mais l'abstinence.
>> La prise en charge doit être médico-psycho-sociale.
Aucun traitement de permet cependant de guérir la maladie définitivement. Guérir signifie « redevenir comme avant » hors l’alcoolo dépendant a perdu sa liberté vis-à-vis de l’alcool et même s’il reste abstinent longtemps, le risque de rechute persiste et un verre d’alcool, même après une longue période d’abstinence peut le conduire à une rechute massive.
>> L’objectif est d’aboutir à une stabilisation (le buveur va mieux car il ne boit plus une goutte d’alcool).
>> La guérison signifierait qu’il peut boire à nouveau « normalement » ce qui n ‘est plus le cas.
La prise en charge est longue car la personne doit faire un travail de deuil avec l’alcool. La cure de sevrage n’est que l’une des étapes du long cheminement. Approximativement 30 à 40% des personnes traitées sont abstinentes un an plus tard. La rechute, comme avec le sevrage tabagique, fait souvent partie du parcours de reconstruction mais c’est un élément qui permet de prendre conscience de l’importance de la dépendance et de la nécessité d’une abstinence définitive.
Faut il aller à l’hôpital pour la cure de sevrage ?
• Dans deux cas sur trois le sevrage peut se faire sans hospitalisation.
• Dans un cas sur trois environ, une hospitalisation est nécessaire pour effectuer le sevrage. Cela va permettre à chacun de « souffler et de prendre du recul» (le buveur mais aussi sa famille). Cette hospitalisation d'une semaine environ permettra de faire un bilan médical complet, de donner un traitement adapté afin d’éviter un delirium lorsque la dépendance est trop forte.
Quelle est la place des médicaments pendant et après le sevrage ?
• Les médicaments du sevrage : ce sont des médicaments qui diminuent ou évitent les symptômes qui risquent d’apparaîtrent à l’arrêt de l’alcool tels que tremblements, sudations, épilepsie et delirium (on utilise des calmants de la classe des benzodiazépines comme le Valium®, le Seresta® pendant le temps du sevrage physique soit pendant sept à dix jours afin que le sevrage se passe bien).
• Les médicaments du maintien de l’abstinence : ils diminuent l'envie de boire: à ce jour on dispose de deux classes de médicaments : l’acamprosate (Aotal®) et la naltrexone® (Revia). Prescrits en complément du suivi médico-psycho- social, ces médicaments diminuent le risque de rechute.
Quelle est la place des autres thérapies ?
• La période de sevrage n’est que le début de la prise en charge.
• La période de maintien est la phase la plus longue : continuer à ne plus boire, se reconstruire, être capable de faire à nouveau des projets, de retrouver sa place dans la famille, la communauté , la société, la vie.
• Tout cela ne se fera pas uniquement avec des médicaments. Différentes techniques permettent à l’alcoolo dépendant de rester abstinent et de reconstruire sa vie sans alcool : thérapies cognitivo comportementales, accompagnement social, groupe de paroles, appui de la famille, de l’entourage, associations d'anciens buveurs…..

