Le dépistage du diabète
Contexte :
Contrairement au diabète de type 1 (insulino-dépendant) dont les signes cliniques sont expressifs, donc de diagnostic aisé, le diabète de type 2 (non insulino-dépendant) n’est généralement évoqué au plan clinique que 7 à 12 ans après son début réel, biologique.
Cette latence est souvent propice au développement de complications. Ainsi, lors du diagnostic de diabète de type 2, environ 20% à 50% des patients présentent déjà des complications cliniques et biologiques.
On considère aujourd’hui qu’environ 2000 à 4000 diabétiques calédoniens ne sont pas diagnostiqués et suivis, car non dépistés.
Des recommandations en matière de dépistage ciblé du diabète ont été établies par l’ANAES en 2003.
La population visée par cette approche est composée de sujets à risque tels que les collatéraux du premier degré de diabétiques, les patients en surpoids, les hypertendus, les dyslipidémiques, les insuffisants rénaux, les femmes ayant un antécédent de diabète gestationnel et les groupes ethniques à haut risque de diabète et d’obésité (polynésiens).
Le dépistage est peu coûteux par lui-même, il impose la mise en place d’un système d’enregistrement des nouveaux diabétiques, de prise en charge et de rappel des perdus de vue dépistés positifs.
Il sera responsable d’une augmentation apparente initiale du nombre de diabétiques que le système de santé pourra absorber étant donné la qualité de prise en charge des diabétiques atteinte en Nouvelle-Calédonie. Leur traitement précoce diminuera le nombre et la gravité des complications.
Le dépistage est un bon moyen de diminuer les dépenses économiques à long terme [1] .
Problématique en NC :
Alors qu’en 1993, lors de l’étude CALDIA 56% des diabétiques comptabilisés ont été découverts par le dépistage systématique organisé pour cette étude et que 25% des diabétiques ayant fait un AVC en 1995-199610 ignoraient qu’ils étaient atteint de diabète, aucune politique de dépistage systématique n’a été mise en place.
L’OMS conseille de s’assurer que le système de soins offre une bonne qualité de prise en charge avant de mettre en place un dépistage généralisé.
Le dépistage impose, pour être utile, la prise en charge des sujets à haut risque de diabète (pré diabétiques) mis en évidence à l’occasion de celui-ci, pour éviter ou retarder le passage au stade de diabète.
Un suivi et une organisation spécifiques sont nécessaires.
De même, les sujets dépistés diabétiques doivent, pour que ce dépistage soit efficient, bénéficier d’une prise en charge adaptée et ne pas être perdus de vue (comme ce fut le cas pour certains après CALDIA).
Le dépistage du diabète est fiable et peu coûteux, il impose une organisation stricte pour éviter les perdus de vue.
[1] G. Galea, OMS, Ateliers Calédoniens de la Santé, 2005.

