Dépistage opportuniste du diabète de type 2
Le diabète de type 2, longtemps asymptomatique, n’est généralement évoqué au plan clinique que 7 à 12 ans après son début réel, biologique. Cette latence est souvent propice au développement de complications. Ainsi, lors du diagnostic de diabète de type 2, environ 20% à 50% des patients présentent déjà des complications cliniques et biologiques.
La situation du diabète méconnu reste incertaine en Nouvelle-Calédonie.
Dans l’étude CALDIA, le diabète méconnu représentait 56% de l’ensemble des cas de diabète (63% chez les mélanésiens, 49% chez les polynésiens, 39% chez les européens).
Dans son rapport de septembre 2011,
Récemment, lors de dépistages conduits le diabète méconnu représentait 36% environ des cas de diabète.
On considère aujourd’hui qu’environ 4 à 5 000 diabétiques calédoniens ne sont pas diagnostiqués et suivis, car non dépistés.
Aussi, la prévalence des cas diagnostiqués, la prévalence des cas méconnus, la gravité des complications, le retard du diagnostic et les coûts directs et indirects associés à la prise en charge médicale font du dépistage du diabète de type 2 un problème de santé publique.
Le dépistage vise à réduire la gravité du diabète en le diagnostiquant le plus tôt possible chez les personnes à risque.
Des recommandations calédoniennes de dépistage opportuniste du diabète de type 2 ont été rédigées et diffusées auprès du corps médical début 2007.
On entend par dépistage opportuniste un dépistage proposé à l’occasion du contact d’une personne avec un professionnel de santé, quelque soit la cause de ce contact, ciblant des sujets de plus de 40 ans ayant (en plus de l’âge) au moins un des marqueurs de risque de diabète.
Les critères de dépistage internationaux ont été adaptés et font l’objet d’une fiche de dépistage.
Si le sujet a moins de 40 ans et présente des symptômes de diabète, il est nécessaire de réaliser un dépistage.
Il est nécessaire d’améliorer et de renforcer le suivi et la prise en charge des glycémies positives. L’absence de confirmation du diagnostic est en effet identifiée comme une cause possible de diabète méconnu.
Un dépistage simultané du diabète et des facteurs de risque cardio-vasculaire est recommandé.
Il est nécessaire de préparer l’annonce d’une maladie chronique définitive et potentiellement invalidante. Cette annonce nécessite d’être travaillée en préalable à l’acte de dépistage.
Fiche de dépistage du diabète 2 en NC à télécharger - 2190 kO.
Disponible sur demande à l'ASSNC, tél 250770 ou 250760.
Ce dépistage est mis en place dans les secteurs publics provinciaux selon l’organisation de leurs centres de soins. Les médecins libéraux sont libres de participer ou non à ce programme.
A ceux qui souhaitent participer, il est demandé de remplir la fiche de dépistage.
Les fiches anonymes sont ensuite renvoyées à l’Agence Sanitaire et Sociale de la Nouvelle-Calédonie pour analyse statistique.
Ce dépistage organisé a été responsable d’une augmentation apparente du nombre de nouveaux diabétiques dès 2007.

Rappel (extrait de la fiche de dépistage ) :
Le test de dépistage peut être réalisé de trois façons et il est positif si :
- Glycémie capillaire à tout moment
>= 1,50 g/l s'il a été fait moins de 2 heures après le dernier repas.
- Glycémie veineuse à jeun >= 1,26 g/l.
- Présence de symptomes de diabète (polyurie polydipsie, amaigrissement inexpliqué, somnolence voire coma) et glycémie au hasard >= 2g/l.
En cas de positivité, confirmer le diagnostic par un test de glycémie veineuse à jeun au laboratoire lorsque le test de dépistage aura été réalisé à partir d’un prélèvement veineux à jeun, et par deux tests de glycémie veineuse à jeun au laboratoire, lorsque le test de dépistage aura été réalisé à partir d’un prélèvement capillaire.
En cas de résultat négatif, le test devra être répété tous les 3 ans (ou tous les ans pour les sujets hyperglycémiques modérés à jeun). Un suivi plus rapproché (entre 1 et 3 ans) doit être effectué chez les sujets ayant plusieurs marqueurs de risque.
L’anomalie glycémique découverte doit être prise en charge.
L’hyperglycémie modérée à jeun, entre 1,10 et 1,26 g/l, est une situation à risque (pré diabète) et nécessite des conseils hygiéno-diététiques et un suivi glycémique rapproché.

