Un article des Nouvelles calédoniennes - 30 juin 2010

Comment vivez-vous ?...
L’Agence sanitaire et sociale de la Nouvelle-Calédonie lance demain une enquête d’envergure sur tout le territoire. L’étude « Baromètre santé » a pour mission de décrypter les modes de vie afin d’établir, dans un second temps, des programmes de prévention adaptés. Du jamais vu. Près de 60 enquêteurs sont sur le terrain.
- Pourquoi une étude « Baromètre santé » ?
La croissance annuelle moyenne des dépenses de santé est, au total, de l’ordre de 8 % par an depuis dix ans, selon le rapport « Nouvelle-Calédonie 2025 ». « Le système de santé est encore financièrement fragile, malgré la forte progression de l’emploi, et donc la hausse du nombre de cotisants ».
- Quel dispositif ?
- Qui ?
- Déjà réalisée dans le passé ?
- Quel calendrier ?
Yann Mainguet
La prévention « insuffisante à tous les niveaux »
Les historiens, les politiques, les habitants le ressentent : le territoire connaît et va connaître de fortes mutations. Déjà, des indicateurs démographiques approchent des références des pays les plus développés, observe le document « Nouvelle-Calédonie 2025 » publié en mars dernier.
Le taux de natalité baisse notablement, ainsi que le taux de fécondité, « lequel est aujourd’hui à peine au-dessus du seuil permettant le renouvellement des générations (taux 2007 : 2,2) ». Le taux de mortalité, et le taux de mortalité infantile (6,1‰ en 2007, contre 3,8‰ en Métropole) chutent également de manière significative, et « l’espérance de vie augmente de 4 mois par an en moyenne depuis 1997 ».
Même si le fossé se comble peu à peu, un écart subsiste avec les pays les plus avancés, et notamment la Métropole : « l’espérance de vie à la naissance était par exemple, en 2007, de 80,3 ans pour les femmes, soit 4 années sous le taux métropolitain, et de 71,8 ans pour les hommes, soit un écart de 5,5 années avec la Métropole ».
À la lecture du document « Nouvelle-Calédonie 2025 », nul doute, le système de santé est performant, avec des équipements conséquents, ou encore un nombre relativement important de professionnels de santé… Toutefois leur répartition géographique est jugée inégale.
Tout rose ? Loin de là. Exemple : « Différents obstacles freinent l’accès aux soins », parmi lesquels des difficultés de recrutement de médecins en dehors de Nouméa, une forte concentration des spécialités médicales dans « la capitale », ou encore une prise en charge parfois insuffisante par le système de protection sociale. Véritable fléau, des problèmes de santé liés à une mauvaise alimentation sont à nouveau évoqués.
Une évidence : « Les chiffres sont particulièrement préoccupants pour les enfants : 17 % des enfants calédoniens de moins de 14 ans sont obèses. Les explications sont essentiellement socio-économiques (absence d’activités sportives et plus généralement d’intégration sociale ; alimentation déséquilibrée) et en partie génétiques ». Le diabète concerne 10,2 % de la population, soit 3 fois plus qu’en Métropole et 2,5 fois plus qu’en Nouvelle-Zélande. « C’est la deuxième cause de prise en charge en longue maladie, après les maladies cardio-vasculaires ». Mais voilà, la prévention « reste insuffisante à tous les niveaux : chez les médecins, à l’école, dans les institutions ou encore dans les familles ».
Des données démographiques aux travaux anthropologiques
Avant le lancement de l’enquête proprement dite, plusieurs étapes, réalisées en 2009, ont été nécessaires, précise l’Agence sanitaire et sociale. La première a consisté à rassembler préalablement les connaissances déjà produites sur la société calédonienne : données démographiques, données sanitaires et sociales, travaux anthropologiques, enquêtes réalisées en Nouvelle-Calédonie et plus globalement en Océanie, etc. « Ces informations ont été précieuses pour bien comprendre les enjeux locaux, tirer les conséquences des expériences passées, mais aussi pour calibrer les thèmes et questions du questionnaire ».
